Chapitre 6

Paris; La Défense; travail, centre; rues; rues animées; animation; centre d'affaires, rendez-vous pro; effervescence

Le samedi après-midi, j’étais sur le parvis de La Défense, face à la Grande Arche. Désorganisée comme je l’étais, j’avais bien noté l’adresse du thérapeute sur un bout de papier rangé en boule au fond de ma poche, mais je n’avais pas pris de carte et évidemment je n’avais plus de batterie pour utiliser le GPS. Je demandais mon chemin à des gens contents de me rendre service mais incapable de me fournir une explication courte et claire. Ils voulaient tellement être utile pour une fois dans leur journée si peu trépidante, qu’ils se perdaient en palabres et premières à droite, et moi qui était debout au milieu de la rue avec ma valise remplies de troubles de l’attention et une mémoire défaillante, je n’écoutais déjà plus, je les avais perdu après le premier carrefour. Ils concluaient que le mieux était que je redemande mon chemin en route, mais en tout cas c’était par là et je n’étais pas du tout au bon endroit.

Après avoir beaucoup marché, je découvris enfin la plaque de laiton du docteur cloutée à l’entrée d’un bel immeuble sur une belle avenue chic de Neuilly. Je sonnais plusieurs fois mais personne ne vint m’ouvrir. Évidemment : on était samedi. Qu’est-ce que j’étais cruche. J’allais donc revenir lundi. C’était embêtant, je voulais rester dans le feu de l’action, agir sans réfléchir. Tout le dimanche, j’aurais le temps de m’inquiéter pour le boulot qui avait déjà essayé de m’appeler plusieurs fois. Je me demandais si j’aurais le courage de me présenter mardi matin avec ma blouse Hyper U pour aller prendre place sur le siège n° 24. Mais j’étais plus réjouie encore à la perspective de ne plus y retourner et peu importe les conséquences. Mais si j’envisageais de ne pas me présenter mardi, je devais trouver un autre boulot illico car je ne pouvais pas rester sans argent. Et si je voulais faire appel aux services de ce monsieur, j’allais avoir besoin de beaucoup d’argent.

Je logeais chez ma sœur qui eut la gentille de m’offrir des tickets de métro qu’elle avait en rab. Nous nous baladâmes tout le dimanche dans paris, nous extasiant sur la beauté de Notre-Dame, rêvant de s’acheter un appartement dans le quartier Saint-Michel, et le soir venu, nous rentrâmes en banlieue dans un appartement coquet à l’estimation financière un peu plus raisonnable.

Avant de déplier son convertible en lit, je palpais dans ma main les billets que la russe m’avait laissé en pourboire. Elle avait dit que je ne connaissais pas ma valeur. J’aurais bien aimé connaître ma valeur réelle, pas celle que j’avais toujours cru avoir. Je remis les billets dans leur porte-monnaie, demain je serai au cabinet du docteur avant tout le monde, il n’était pas dit que j’aurais fait tout ça pour rien.

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