Chapitre 11



Juste après m’être fait culbuté en sortant des toilettes, je tombais sur Léopold. Léopold était un petit chef cruel dans sa catégorie, toujours en train de péter plus haut que son cul. Non vraiment, je ne l’aimais pas. Il avait appris à sourire à la demande ou au besoin, il tirait des confidences de ceux qu’ils appelaient ses amis pour mieux les garder en otage. Il en avait poignardé plus d’un dans le dos et je m’étais toujours méfié de lui. Il avait déjà essayé de me séduire, il me posait des questions, il voulait savoir ce que j’allais faire pour les vacances, à quoi je passais mes week-ends, me rapportait ce qu’avait dit un tel ou un tel. À partir d’une vague réponse, il en tirait des conclusions hâtives et réduisait l’autre à une case. Ça le rassurait de classer les gens.

Mais moi je n’aimais pas ça, je détestais qu’on me réduise à un modèle, je voulais dépasser mes limites, ce que j’avais fait hier je ne voulais pas le refaire demain. L’apparence calme à laquelle on aimait m’associer, n’était qu’une façade qui cachait un volcan.

Pourtant, de le voir assis par terre la tête dans les mains, avec des larmes qui coulaient en ruisseau sur ses joues, j’eus de la peine pour lui. Il y a une deuxième chose que les gélules ne guérissaient pas : c’était l’empathie. Avec autant de compassion et de gentillesse en moi, jamais je ne pourrai prétendre devenir un requin de la finance ou un politicien véreux. Cette pensée qui traversa mon esprit m’apparut comme une révélation.

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